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Province Orientale - Rapport humanitaire mensuel décembre 2010 et bilan annuel partiel 2010

Faits saillants :

  1. Les enlèvements d’enfants par la LRA continuent dans les Uele. 118 enfants ont été kidnappés en 2010 ;
  2. Près de 400 000 personnes  déplacées de la Province Orientale (dont 85% en déplacement depuis 2008 et 2009) ne peuvent retourner dans leur milieu suite à la situation sécuritaire précaire ;
  3. Les foires aux bien non alimentaires réalisés en faveur de 10 500 ménages bénéficiaires majoritairement retournés ont injecté près de 800 000 USD dans l’économie locale des territoires de Watsa (Haut-Uele), de Djugu et d’Irumu (District de l’Ituri) ;
  4. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a distribué 17 890 tonnes d’aide alimentaire en 2010 en Province Orientale.

CONTEXTE GENERAL

District de l’Ituri

La quasi-totalité du District de l’Ituri (les territoires de Djugu, d’Aru, Mahagi et Mambassa) a connu une embellie sur plan sécuritaire au cours de l’année 2010 à l’exception de la partie australe du  territoire d’Irumu où il y a eu persistance des attaques du FRPI/FPJC.

Des attaques, enlèvements, pillages, etc... ont été perpétrés par des groupes résiduels de miliciens, en dépit d’efforts considérables consentis par les troupes gouvernementales depuis le mois de juin (opération Safisha) pour éradiquer ces forces négatives. Dans la 2ème quinzaine de décembre, près de 30 miliciens ont fait incursion dans la localité de Ngasu Bavi pour piller.
Outre l’attaque susmentionnée, 4 autres ont été signalées au mois de décembre en Ituri, mais avec une particularité : celle d’une toute première attaque enregistrée dans une localité (Makumu) en territoire de Mambasa, par des hommes armés en provenance de la Province du Nord-Kivu. De l’avis général, Mambasa a toujours fait figure d’un havre de paix en Ituri.
Certes, des opérations de grande envergure conduites par les Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC) contre les miliciens à partir du mois d’avril ont largement contribué à leur anéantissement. Ainsi, les régions de Mokato Ngazi, Zunguluka, Potopoto, Kanana, etc… (au sud du territoire d’Irumu) ont été sérieusement investies par les troupes gouvernementales. Mais ces groupes résiduels de miliciens, bien qu’anéantis et dispersés, n’ont pas complètement capitulé. Ils ont  tout de même gardé une certaine capacité de nuisance, si moindre soit-elle : pour preuve, les populations de la partie sud du territoire d’Irumu ont été continuellement en insécurité et des positions militaires attaquées.
Sur un autre registre sécuritaire, on notera également l’arrestation de certains leaders miliciens aussi bien en en Ituri qu’en Ouganda (Baraka, Sharif Manda du FPJC) en juin et septembre. Par ailleurs, au début de juin, Cobra Matata, un ancien officier du FRPI, a déserté les rangs de l’armée nationale qu’il avait intégrée en 2007 et fait son retour en Ituri, pour tenter de reconstituer un nouveau groupe. Fort heureusement, son initiative aurait été peu suivie par des ex-combattants et jeunes gens de la région et n’a pas non plus trouvé d’échos favorables auprès des notables locaux, lassés de l’insécurité.

En termes d’attaques, de manière générale, 59 attaques ont été recensées durant l’année en Ituri dont plus de 90 % dans le seul territoire d’Irumu avec un pic observé en juin avec 17 offensives. Elles sont réparties de la manière suivante : 5 attaques en janvier ; 3 en février ; 6 en mars ; 5 en avril ; 4 en mai ; 17 en juin ; 1 en juillet ; 2 en août ; 3 en septembre ; 3 en octobre ; 5 en novembre et autant en décembre. Ces attaques ont fait 41 personnes tuées et 19 adultes enlevés.

Par rapport au déploiement de la Mission des Nations Unies au Congo (MONUSCO), il a été observé la fermeture de ses  bases à Fataki et Kasenyi ainsi que la réduction d’effectifs militaires à Aru. Cela ne s’est pas fait sans une certaine appréhension des populations et des humanitaires. D’autre part corollairement à ce dispositif, on a assisté à une recrudescence des cas de criminalité et de banditisme à Kasenyi, Tchomia.

Concernant l’aspect politique, le point majeur a été la prise de position des députés de l’Ituri en faveur de l’érection du district au rang de province.

La problématique foncière a été aussi l’un des sujets brûlants en Ituri, notamment en territoires de Mahagi et Djugu. Ces conflits de terre ont entraîné des mouvements de population, des incendies de maisons, des affrontements, etc... Cette situation a beaucoup préoccupé les acteurs humanitaires, précisément le cluster Protection qui n’a pas cessé d’appeler à l’implication des autorités pour les règlements pacifiques de ces différends.

Conflit foncier entre hema et lendu dans le village de Ahu (localité de Sanduku, territoire de Djugu) a forcé au déplacement 300 personnes de l’ethnie hema. D’autres différends ont été signalés en territoire de Mahagi entre les populations des groupements de Jupanuru et celles de Jupagasa, en septembre. Les populations des groupements Sabe et Abira se sont battues à Nyalebe en octobre au sujet d’un terrain de jeu. Le territoire d’Irumu a été aussi concerné par ce phénomène : au bord du lac Albert dans la localité de Koga, il a été signalé une tension entre les communautés ngiti et hema, en octobre et plus récemment des tensions entre lendu et hema dans la région de Bogoro.

 

Rapport humanitaire mensuel et bilan partiel decembre 2010


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