Action humanitaire en RDC - OCHA
Bulletin hebdomadaire - 29 janvier 2010
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Faits saillants :
- Les attaques contre les camps de déplacés par des éléments armés continuent au Nord-Kivu.
- En Equateur la réponse humanitaire est mise en place pour les victimes des violences.
- Des nouveaux attaques par des éléments armés signalés en Province Orientale.
Contexte général
Protection des civils
La communauté humanitaire reste préoccupée par le non-respect du caractère civil des camps de déplacés. La semaine dernière, une nouvelle incursion armée a eu lieu dans un camp à Nyange, dans le Territoire de Masisi, au Nord-Kivu, par des présumés Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Trois personnes ont été tuées et trois autres blessées qui ont été transférées à l’hôpital de Mweso. Selon le comité des déplacés, les incursions des hommes armés dans le site vise la réquisition des hommes parmi les déplacés pour des travaux forcés. Dans ce même centre se trouvent également plusieurs blessés civils à la suite des affrontements entre les groupes armés. Cet événement fait suite à une autre incursion survenue le 15 janvier dernier dans le camp de Muhanga, toujours dans le Territoire de Masisi. Les personnel des ONG sont souvent, eux aussi, victimes des ces attaques. Le 24 janvier, d’autres éléments armés ont arrêté le véhicule de l’ONG International Medical Corps (IMC) au niveau de la ferme Osso, en territoire de Masisi pour piller les effets des membres du personnel.
Une centaine des personnes aurait été tuées lors d’une attaque commise par des présumés éléments de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), le 13 janvier dernier à Mabanga, dans le Territoire de Niangara, en Province Orientale, selon le témoignage d’un survivant. Le nombre de personnes tuées depuis le début de l’année suite aux violences des LRA est encore unconnu, en attendant la validation des informations reçues. Pendant le mois de décembre seulement, le nombre de personnes tuées était de plus de 80.
Mouvements de populations
Les affrontements signalés à Nyange, au Nord-Kivu, ont provoqué de nouveaux déplacements de population vers les localités avoisinantes. Le nombre de déplacés n’est pas encore connu. Entre temps, le gouvernorat du Nord-Kivu signale l’arrivée de nouveaux ménages déplacés dans les sites pour personnes déplacées. Plus de 514 ménages ont été enregistrés au cours des derniers jours.
A la suite des attaques enregistrées au cours des deux dernières semaines dans le District du Haut-Uele, des mouvements de populations ont été enregistrés. Environ 1 000 personnes déplacées se trouvent actuellement à Linafoko, à 12 Km au nord de Dungu. Des cas de violence par des éléments de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) sont rapportés. Les écoles et le marché ont été paralysés le 26 janvier à la suite de la dernière attaque. Les acteurs humanitaires se sont mobilisés pour apporter de l’assistance aux populations. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) est actuellement en mission pour évaluer les besoins en termes de protection.
Au 16 janvier, le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du District du Sud-Ubangi était estimé à 60 000 alors qu’environ 109 000 personnes se trouvaient en République du Congo et 18 000 en République Centrafricaine.
Access aux bénéficiaires
La communauté humanitaire du Sud-Kivu reste préoccupé par les difficultés d’accès aux populations vulnérables, à cause de l’insécurité dans le Territoire de Fizi. En effet, deux véhicules appartenant à deux ONG internationales ont été braqués le 20 janvier par des éléments armés, sur l’axe routier Fizi Centre – Minembwe, à l’endroit dénommé Point Zéro – Kalingi. Le personnel à bord a été dépouillé de ses biens. En décembre dernier déjà, des affrontements armés avaient contraint plusieurs ONG à suspendre leurs activités dans cette zone. Pourtant, de nombreuses sources signalent la présence de plusieurs personnes déplacées dans la zone.
La crise en Equateur est maintenant relativement stabilisée avec l’arrivé sur place de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) et des forces armés nationales (FARDC) depuis le mois dernier. Suite à la sécurisation des zones, les acteurs humanitaires travaillent pour apporter l’assistance aux populations.
Coordination
Une mission de divers groupes sectoriels s’est rendue du 21 au 25 janvier à Libenge pour évaluer les besoins humanitaires. Selon le rapport de la mission, ¾ de la population qui s’était réfugiée en République Centrafricaine (RCA), sont déjà rentrés chez eux, alors qu’un quart se trouve encore en RCA. Des activités de plaidoyer sont en cours pour leur retour. La mission, qui s’est rendue aussi à Zongo, a signalé la présence, dans cette zone, de quelque 3 500 personnes déplacées ─ dont 80% des femmes et des enfants ─ se trouvant dans une situation humanitaire très grave. Des cas de malnutrition sont rapportés parmi les enfants.
Besoins et réponse humanitaires
Articles non alimentaires
En Province Orientale, le programme élargie d’assistance aux retournées (PEAR) mené par l’ONG Solidarités et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) organise une foire sur les articles non alimentaires au bénéfice de 4 696 ménages retournés du groupement de Mbr’bu, dans le Territoire de Djugu. Une autre foire est prévue le 29 janvier à Boga (105 km au sud de la ville de Bunia, dans le Territoire de Irumu) pour 362 ménages déplacés estimés en provenance de Zunguluka (113 km au sud de Bunia), suite aux dernières violences.
Santé et nutrition
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a approvisionné l’Hôpital général de référence de Gemena en médicaments pour la prise en charge de 57 personnes blessées à la suite des conflits intercommunautaires dans le district du Sud-Ubangi. Le programme est exécuté par la Croix-Rouge de la République Démocratique du Congo.
L’épidémie de choléra continue à sévir les deux provinces du Kivu. Au Nord-Kivu, dans la zone de santé de Mweso, au cours de la deuxième semaine du mois de janvier, 46 cas suspects, dont un décès, ont été notifiés. Des échantillons seront prélevés par le Bureau central de la zone de santé en collaboration avec Médecins sans frontières afin de confirmer l’épidémie. En attendant, Save the Children – Royaume-Uni remettra des médicaments prépositionnés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à son bureau de Kitchanga dans le Territoire de Masisi pour la riposte.
Au Sud-Kivu, une augmentation des cas de choléra des la deuxième quinzaine de décembre 2009 a été constaté dans la localité de Sange, en plaine de Ruzizi. Plus de 100 cas, dont deux décès, ont été enregistrés du 18 au 24 décembre 2010, le seuil épidémique étant estimé à 20 cas par semaine. Le bureau de santé estime que la réponse à apporter devrait consister en la réhabilitation et en l’équipement du Centre de traitement choléra (CTC), en la purification de l’eau consommée par la population, et en la formation du personnel, et aussi en la sensibilisation à l’hygiène. Quelques acteurs humanitaires, comme l’ONG Aide aux Malades Indigents (AMI) et OXFAM interviennent déjà dans la zone.
Pendant la dernière semaine épidémiologique, l’OMS a signalé une diminution du nombre de cas de fièvre typhoïde dans la zone de santé d’Ariwara (13 cas sans décès) et de la méningite dans le district sanitaire d’Aru (22 cas sans décès) en Province Orientale.
Sécurité alimentaire et moyens de subsistance
En Equateur, l’ONG MEMISA Belgique s’est rendue à Bokonzi centre le 26 janvier pour distribuer cette semaine des articles non alimentaires et de la farine pour 22 000 personnes ayant fuit les combats en Province de l’Equateur.






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